L’actu du telephone portable pour enfant
jan
Le 2 janvier, pour la première fois, le Ministère de la Santé s’est publiquement exprimé sur les éventuels risques sanitaires « liés aux téléphones mobiles pour une utilisation intense et de longue durée » (plus de dix ans). Et a appelé les parents à la prudence quant à son usage : « L’hypothèse d’un risque ne pouvant pas être complètement exclue, une approche de précaution est justifiée. » La réponse apportée par les associations Agir pour l’environnement et Priartém est clair : « Mieux vaut tard que jamais. » Par contre, je remarque quand même que cette étude a été rendue publique le 2 janvier, comme par hasard, juste après les grands achats de Noël. Business is Business…
Aujourd’hui, l’industrie des téléphones portables se trouve confrontée à un problème. En effet le marché arrivant à saturation du côté des adultes - 52 millions de personnes possèdent un portable en France -, les industriels tentent maintenant de cibler les tout-petits.
Alors, pourquoi excepter les enfants en bas âge ? “Rose (pour les filles), bleu (pour les garçons), deux oreilles et, à la place du nez, un gros bouton pour choisir parmi cinq numéros pré-enregistrés : papa, maman, la nounou… C’est pourquoi Comminc8, une société anglaise a lancé BabyMo, “premier téléphone portable entièrement conçu pour l’enfant” qui cible les 4-10 ans et ne coûte que 1 €… si vous souscrivez pour votre bambin un forfait de deux heures par mois sur une durée d’un an (Oui vous avez bien lu, un forfait 2 heures !!!!) chez Bouygues, Orange ou SFR.
La société ITT, qui distribue en France le téléphone mobile pour enfants (Babymo) s’est vivement opposé aux associations Agir pour l’environnement (APE) et Priartem (Pour une réglementation des implantations d’antennes-relais de téléphonie mobile), afin que celles-ci cessent leur campagne de communication contre le produit. Cette action avait entraîné le retrait du Babymo des rayons de Carrefour et du BHV.
Peu avant de recevoir deux associations de défense de l’environnement pour discuter du sujet, la Ministre de la Santé a jugé que ce type d’appareil n’était « pas utile ». Mais Roseline Bachelot n’en demandera pas l’interdiction, sauf si sa dangerosité était prouvée. Néanmoins « en vertu du principe de précaution », l’Afsset (Agence française de sécurité sanitaire de l’environnement et du travail) a été missionné pour faire le point sur ce sujet. « Si les études - mais elles n’en prennent pas le chemin - étaient concluantes, bien évidemment nous interdirions cela » a ajouté le Ministre.
On a donc vu passer le BabyMo pour les enfants de quatre à huit ans, puis le Kiditel, sorte de GPS pour enfant et maintenant le M01, livré juste avant Noël par une société espagnole et destiné aux gamins à partir de six ans.
Mais alors pourquoi cette bataille sur la marché du mobile pour enfant ? Je pense que ces chiffres peuvent parler d’eux-même :
- En France 70 % des enfants de douze à quatorze ans possèdent déjà leur propre mobile !
- Aujourd’hui, 94 % des ados de 15 à 17 ans utilisent un téléphone mobile ! 48 % d’entre eux considèrent que cet objet est indispensable et 75 % sont prêts à retourner chez eux s’ils l’ont oublié à la maison, quand bien même cela ferait cinq minutes qu’ils sont partis de leur domicile…. Enfin, 72 % manipulent leur téléphone dès qu’ils ont une minute devant eux.
- 82 % des parents dont les enfants sont équipés d’un téléphone mobile pensent que cela leur procure un sentiment de sécurité.
- 26% des propriétaires de téléphone portable âgés de 18 à 24 ans souhaitent utiliser des applications de sites communautaires pour localiser leurs amis.
- 42% des parents d’enfants de moins de 13 ans sont tout spécialement intéressés et enclins à payer pour des services leur permettant de “traquer” leurs enfants.
- A contrario, seulement 3% des propriétaires de téléphone portable usent des fonctions GPS de leur mobile lors de leurs voyages. - En Suisse : Environ 45% des enfants agés de 6 à 13 ans possèdent aujourd’hui leur propre portable. La plupart d’entre eux sont âgés de 10 à 13 ans (62%) et un cinquième, de 6 à 9 ans seulement. 82% utilisent des cartes à prépaiement pour le contrôle des coûts.
Alors voilà, je tenais à faire un état des lieux de la téléphonie centrée sur les enfants
Pour ma part, je trouve ces chiffres scandaleux et je n’arrive pas à voir l’intérêt d’un portable pour un enfant de 6 ans ?
Mais bon il faut croire qu’à seulement 22 ans je suis déjà dépassé par l’évolution des mentalités et de la société ! ! !
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